Premier bain dans cette maison.
L'eau coule à flot.
Les bulles fondent, la mousse grimpe.
Tout en regardant la beignoire se remplir, je repense aux bain prit chez mon père.
Lorsque nous étions plus petites, ma soeur et moi, on s'amusait dedans.
Des batailles d'eau ou de gel douche...
Plus le temps filait, plus cette baignoire devenait étroite.
Je me sentais mal à l'aise.
D'où le fait de mon appréhension ce soir.
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L'eau s'amoncèle de plus en plus.
La mousse déborde légèrement.
L'eau est brûlante.
Cette chaleur me gagne.
Je n'y prête pas attention.
Mon corps immerge totalement dans l'eau.
Seuls mon cou et ma tête sont à la surface.
Mon corps flotte.
C'est comme si ma tête était toujours là, mais mon corps était en apesanteur, comme déconnecté de tout.
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Cette fois-ci je ne me sens pas étouffée.
Je me sens seule et bien.
Je ferme les yeux.
J'essaye de faire le vide.
Impossible.
Mon père me détruit.
Pourquoi?
Je réouvre les yeux.
Ce père ne m'aime pas.
M'as t-il aimer ne serai-ce qu'une fois après la naissance et l'hôspitalisation de ma soeur ?
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Ma main glisse le long du mur.
En relevant un peu mes jambes, j'apperçois trois griffures sur la cuisse droite.
Je ne sais pas d'où elles viennent.
Parfois je me surprends à être griffée un peu n'importe où.
Je ne connais pas leurs origines.
Donc je m'accorde à penser que ce ne sont que des signes pour me montrer que je ne suis pas la bienvenue "In This World".
Cette pensée ne me blesse pas.
Bizarrement elle me rassure.
Après tout ce que mon père m'a fait comprendre et enduré, je ne vois pas pourquoi je serais la bienvenue.
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Je me redresse et attrape la mousse oubliée à l'opposé de moi.
Je la place de manière à recouvrir la moindre partie de mon être.
Mon fantasme morbide revient hanter mon âme.
Folle envie de connaitre cette atroce et horrible sensation.
Celle d'une balle ou plusieurs s'appuyer sur ma peau, déchirée doucement mon corps.
Qu'elle s'enfonce dans ma chair et se perde dans mon être.
Tellement que cette pensée m'obsède, j'en arrive à imaginer mon dernier souffle, ma dernière vision, mais pas ma dernière pensée.
Je sais juste qu'un sourire sera accroché au coin de mes lèvres.
Certainement pour une sensation de paix.
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Des frissons me parcours.
L'eau encore brûlante me glace.
J'appui ma tête sur le bord de la beignoire.
Je fixe le plafond.
Vide.
Ce plafond est vide.
Sans interet.
Perte de temps.
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Je redresse la tête et mon regard se tourne vers la fenêtre ensoleillée de la pièce.
Celle-ci est blanche de lumière.
Ca me rappelle les clichés des films.
Un peu comme si cette lumière qui étincelait nous emmenés vers le Paradis ou un monde meilleur.
Ah la connerie humaine !
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Je ferme les yeux et prends une profonde inspiration.
Peu à peu, des images macabres et sanglantes se forment.
Des cadavres, des membres dispersés un peu partout.
Des coups de lame dans chaque corps meurtris.
Je me sens glisser au fond de la baignoire.
L'eau monte.
Je me réveille.
Mes mains sont pleines de mousse.
Cette dernière glisse le long de mon bras.
C'est la même sensation que le sang qui coule.
Mais c'est plus légé et moins douloureux.
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Dommage.
J'aimerai avoir mal en ce moment.
Ce bain est parfait.
Ce n'est pas normal.
Quand j'y pense, c'est grave.
J'en arrive à m'interdire d'être heureuse.
Je prends un maximum de mousse dans mes mains et souffle dessus.
Ce geste que les gens font pour montrer qu'il sont heureux me rends triste.
J'ai beau avoir le sourire, mes yeux s'emplissent de larmes.
L'éclat de la fenêtre n'est plus aussi puissant.
La pièce s'assombrit.
Je me disais aussi..
C'est impossible, le Paradis n'existe pas.
C'est bien la réalité, même dehors.
Et tant mieux.
Sinon je me sentirais bien conne de ne pas être passer dans la lumière avant !
Mary-Jane